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The Congos

jeudi 12 juillet 2007, par GM

30 ans après leur disparition, les revenants du reggae roots vont mettre tout le monde d’accord. Il y a trente ans à Kingston, les Congos écrivent l’une des plus belles pages du reggae. Leurs harmonies vocales vont servir de BO au mouvement roots jamaïcain. Son mot d’ordre : "repatriation", le retour des fils d’esclaves en Afrique. D’ailleurs, les Congos n’ont pas choisi leur nom au hasard : ils le tirent de la tribu d’Afrique qui a fourni le plus d’esclaves à la Jamaïque.

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Dans les années 70 en jamaique, Cedric Myton, jeune chanteur à la voix inimitable, fonde avec Ashanti Roy le groupe qui deviendra vite mythique : The Congos. Avec le concours du grand producteur Lee Scratch Perry, Watty Burnett avec sa voix de baryton complète la formation vocale. Ensemble, ils vont enregistrer l’un des albums roots les plus aboutis : le classique « Heart of the Congos », qui figure aujourd’hui encore parmi les 20 meilleurs album reggae de tous les temps.

Les Congos se rencontrent chez les rastas, confrérie créée dans les années 30 en Jamaïque. Dans les montagnes, ils participent aux "Groundations", des cérémonies où on jette des sorts à coup de percussion africaines sur la reine d’Angleterre, le Vatican, ou le président des Etats-Unis, symboles de Babylone. À l’abri des forêts jamaïcaines, les rastafaris se considèrent comme les descendants des esclaves en fuite, les Marroons, qui forment dès le 16e siècle des colonies organisées sur le modèle africain.

A la fin des années 60, les infréquentables rastas gagnent les ghettos pauvres de Kingston où s’accumulent les campagnards à la recherche de travail. Parmi eux : les futurs Congos qui écument les studios d’enregistrement pour décrocher un contrat.
En 1976, les trois rastas venus des campagnes enregistrent leur chef-d’œuvre : "Heart of the Congos". Dans les chœurs, les grandes voix de la soul jamaïcaine, de Gregory Isaacs aux Heptones les accompagnent. Et aux commandes, le génie de la production Lee Scratch Perry. Depuis deux ans, Lee Perry règne en maître sur le Black Ark, l’Arche Noire, le studio qu’il a monté à Kingston. Sur son quatre-pistes, à force de chambres d’écho, de boîtes à rythmes et de systeme D, il invente un son dont les recettes sont à jamais un mystère. Leur premier disque aurait dû leur permettre de toucher le jackpot. Mais deux mois après sa sortie, Lee Perry met le feu à son studio. Le groupe explose en plein vol et disparaît pendant trente ans.

En 2005, les Congos se reforment pour l’enregistrement d’un album réunissant les stars du reggae jamaïcain, comme Max Romeo, U-Roy ou Horace Andy autour d’un de leurs morceaux mythiques : "Fisherman". Dans la foulée, à 60 ans de moyenne d’age, ils reprennent la route et sortent un nouveau disque. Leur son est à des années-lumière de ce qu’est devenue la musique jamaïcaine, vouée au ragga et au dancehall.



Voir en ligne : Wikipedia.org

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