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La mer d’Aral

lundi 21 mai 2007, par Petit poney

Entre l’Ouzbekistan et le Kazakstan se trouvait une mer intérieure 68000 km² pour 1040 km3 d’eau, alimentée par deux fleuves : le Syr Daria au Nord, et l’Amou Daria au Sud. Il y avait moins de 10g de sel par litre d’eau.

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La mer d’Aral en 1985

Gràce à la mer d’Aral, faune et flore pouvaient se développer dans la région. Mais le bonheur ne pouvait pas durer. L’URSS prend le contrôle du Kazakstan et de l’Ouzbekistan, et entreprend alors de grands travaux : Des champs de cotons sont plantés et exploités intensivement, de grandes quantités de pesticides sont utilisées, et des canaux irriguent un maximum l’eau des fleuves. Tout est fait pour produire plus, toujours plus de coton pour l’Union, au détriment de la mer, de ses poissons et de ses fleuves.

L’Amou Daria, trop irrigué, se tarit, et la mer d’Aral commence à se dessécher. Elle recule de 60%, par conséquent il n’y a pas assez d’eau pour le sel de la mer (qui grimpe à 30 puis 50g par litre). Les pesticides s’écoulent dans l’eau et la polluent : les poissons meurent, ce qui amène par la même occasion 60000 pêcheurs au chômage.

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La mer d’Aral 1989 / 2000

Et ce n’est pas tout : en buvant cette eau, les habitants tombent malades, et les femmes multiplient fausses couches, enfants malformés ou morts-nés.
Et la région côtière ressemble de plus en plus à un désert. Maintenant la mer d’Aral est coupée en deux. La moitié Nord est toujours alimentée par le Syr Daria, mais la moitié Sud se meurt de la sécheresse de l’Amou Daria.

Dans le futur il semble pratiquement certain que la mer d’Aral disparaîtra, se transformant en désert, ruine d’une des plus grosses catastrophes écologiques.
Pour empêcher cet assèchement total, de multiples projets ont été évoqués, dont le creusement d’un canal depuis la mer Caspienne ou le détournement des fleuves de Sibérie.

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La mer d’Aral 2001

La seule tentative couronnée de succès à ce jour est la construction d’une digue au sud de l’embouchure du Syr-Daria, pour barrer un détroit entre la Petite mer (Maloïé), ancienne mer bordière au nord de l’ancienne mer d’Aral, et la Grande mer (Bolchoïé, ce qui reste du sud de la grande mer). Le maire de la ville d’Aralsk, Alachibaï a fait construire en 1995 une digue de 22 km de long en sable et roseaux.

Achevée en 1996, elle permit immédiatement d’éviter que les eaux du fleuve ne se perdent dans le delta entre Petite et Grande mer, et de faire remonter le niveau de la Petite mer. Un semblant de vie renaît autour de la mer, qui avance de plusieurs kilomètres : roseaux, oiseaux, rongeurs et renards, et même quelques poissons. Une tempête a détruit cette digue en 1999, et le niveau de la mer a reperdu partiellement ce qu’il avait gagné.

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La mer d’Aral 2003

La Banque mondiale a décidé de financer la construction d’une digue de béton, dont les travaux ont commencé en 2003. Ce projet controversé permettrait à terme à la Petite mer de regagner environ 500 kilomètres carrés, mais il allait condamner la Grande mer à un assèchement encore plus rapide. Le barrage qui permet à la vie de revenir dans la Petite mer est une pomme de discorde entre le Kazakhstan qui en profite, et l’Ouzbékistan dont la gestion désastreuse de l’Amou Daria a détruit toute vie dans la Grande mer.

Au Kazakhstan, un espoir renaît avec les projets pharaoniques du président Noursoultan Nazarbaïev. Il est en effet question de rehausser le niveau de la petite mer de 6 mètres, ce qui permettrait à l’industrie de la pêche de renaître, et à la ville d’Aralsk de redevenir un port. Ce projet estimé à 120 millions de dollars (95 000 000 d’euros) serait financé principalement par les revenus du pétrole du Kazakhstan.



Voir en ligne : Wikipedia.org

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