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L’origine des Hackers

mardi 4 juillet 2006, par GM

Au XVIII ème siècle, les pirates et corsaires créèrent un réseau d’information à l’échelle du globe : bien que primitif et conçu essentiellement pour le commerce, ce réseau fonctionna toutefois admirablement bien.


Il était constellé d’îles et de caches lointaines où les bateaux pouvaient d’approvisionner en eau et nourriture et échanger leur butin contre des produits de luxe ou de première nécessité. Certaines de ces îles abritaient des communautés intentionnelles, des microsociétés vivant délibérément hors-la-loi et bien d"terminées à le rester, ne fût-ce que pour une vie brève, mais joyeuse.

Ce réseau fut mis en place à partir du moment où les grandes puissances de l’époque décidèrent de se servir des mers pour leur commerce, pour s’échanger plus facilement d’importantes quantités de biens, de savoir. Mais les mers étaient alors le terrain de jeu de quelques grands navigateurs, retirés de la civilisation pour vivre pleinement leur passion.
Ils refusèrent tout naturellement de le laisser à ces grands commerçants qui souhaitaient l’utiliser sans le connaître, simplement parce qu’il était "pratique pour leurs affaires". Ces nouveaux arrivants décidèrent alors de s’approprier les mers par la force, et discréditèrent alors ce groupe de navigateurs passionnés, en les faisant passer pour criminels dans l’esprit du peuple. Ils les appelèrent les pirates.


Les pirates mirent alors en place ce réseau, clandestinement, pour continuer leur petite vie hors de ce monde qu’ils avaient quitté. Vint alors trois réactions différentes. Certains souhaitèrent narguer les nouveaux "maîtres des mers", pour leur montrer qu’ils restaient les plus qualifiés sur leur terrain. D’autres préférèrent se faire discret, rester dans l’ombre et n’en sortir que lorsqu’ils en avaient absolument besoin. Certains, enfin, se laissèrent prendre au jeu, et attaquèrent les navires "étrangers", devenant ainsi des criminels. Juste ce qu’il fallait aux dirigeants des grandes nations pour réunir tous les pirates sous la bannières de "sanguinaires criminels".

Il en est exactement de même pour Internet. Créé sous le nom de projet d’ARPANET, ce réseau fut très vite laissé entre les mains de passionnés, qui continuèrent sans relâche à le développer, à le faire vivre. Ces personnes sont les ancêtres de tous les hackers actuels. C’est grâce à eux si vous disposez aujourd’hui de cet outil d’information aussi puissant.
Mais leur réseau tomba vite entre les mains d’organisations de tout genre, qui se l’approprièrent pour en faire l’outil commercial qu’il est aujourd’hui. L’accès y est payant, les droits et les libertés de chacun y sont bafoués. L’information, au plus large sens du terme, est devenue payante. Comme pour la piraterie, personne n’accepta l’aide des hackers, par orgueil ou par peur, et décidèrent de les discréditer, en ne montrant au peuple que les criminels, ceux qui détournent les informations et l’argent qui circule sur la Toile pour leur propre profit.

Mais en décidant de se passer des hackers, ils commirent la plus grosse de leurs erreurs. Ils livrèrent au monde un réseau des moins sécurisés. Ils l’utilisèrent sans pouvoir le maîtriser. Ils s’en servirent pour réaliser des transactions financières interceptables par n’importe qui connaissant un peu le fonctionnement des réseaux informatiques. Ce qui conduit inévitablement à des détournements, des arnaques, des fraudes. Mais finalement, à qui la faute ? A ceux qui fraudent, ou à ceux qui offrent des services permettant à n’importe qui de frauder ? Parce qu’après tout, les hackers ne sont que des personnes maîtrisant mieux que l’utilisateur moyen l’immense réseau qu’est le Net. Mais il n’est pas facile de reconnaître que certains maîtrisent mieux un outil qui nous appartient, dont on se croit l’unique propriétaire, le "maître". D’où la nécessité de discréditer les hackers.

Pour l’individu lambda, aujourd’hui, le hacker fait peur, de par son pouvoir, de par sa connaissance. Il crée des virus et des vers qui se propagent à travers le monde entier, détruisant les systèmes et ouvrant des portes d’accès. Il détourne les flux d’argent pour son profit, vole des numéros de cartes bancaires. Il s’infiltre partout. Mais n’oublions pas que les pirates avaient la réputation de n’être que des sauvages sanguinaires qui pillaient et tuaient.
Ils étaient plus que ça. Les hackers sont plus que çà. La plupart tentent de poursuivre la sécurisation et le développement du Net entrepris par les "ancêtres". D’autres ont compris que la Toile pouvait leur servir à défendre leurs causes et leurs idéaux. Ils militent, diffusent les idées qui leur sont chères. Ils vont même jusqu’à infiltrer les serveurs de certaines organisations pour récupérer des informations qu’ils dévoileront. Il est néanmoins sûr que certains passent du mauvais côté, et se livrent à des actions plus criminelles, des escroqueries, ou de simples destruction sans raisons. Mais ces derniers ne sont que très peu appréciés des "hackers" et ne méritent pas cette appellation.


Le monde du hack est comme une bulle. On tourne autour, on la voit, on essaye de regarder à l’intérieur, mais on n’ose s’en approcher. Elle effraye, elle inquiète, elle intrigue, elle impressionne...Elle excite même parfois. Mais à partir du moment où on la touche du doigt, elle nous aspire, et il devient difficile d’en sortir. Il y a tant à découvrir, à apprendre, à comprendre, que l’on y passe de plus en plus de temps. On fouille, on cherche, on trouve, on comprend. Mais l’on change également, sans en avoir conscience. Et le jour où on réalise, il est souvent trop tard. Cet apprentissage auquel on s’est livré sans retenu nous a inconsciemment forcé à développer une nouvelle façon de penser, un nouvel état d’esprit, propre à cette communauté qu’on a voulu connaître. Parmi ces nouvelles idées, celle qui domine est très certainement celle du partage. Partage des connaissances tout d’abord. Personne ne devrait à avoir à réfléchir sur un problème sachant qu’il a déjà été résolu. Cela consisterait en une perte de temps considérable. Partage de ses logiciels ensuite. La plupart des hackers militent pour le développement de l’Open Source, ce mouvement de création de logiciel diffusé librement et modifiables par quiconque le souhaite, légalement.

Le monde du hack est une communauté basée sur le partage et l’entraide mutuelle. On ne devient hacker que lorsqu’on apporte sa pierre à l’édifice, que lorsque d’autres hackers vous considèrent comme tel. Ceci explique pourquoi, même si tout le monde peut approcher cette communauté, peu réussisse à s’y faire une place. Beaucoup précipitent les choses, veulent créer un site, un forum d’échange trop rapidement. Ils n’ont donc rien à apporter. Le hacking n’est pas l’affaire de quelque mois. Quand on se lance dans ce monde, avec la volonté et la passion nécessaire, on devient vite conscients que cela sera l’affaire d’une vie. Même si certains raccrochent "physiquement" au bout d’un certain temps, leur esprit reste le même.





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