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Pétrole, cruel sera le reveil

dimanche 12 octobre 2008, par GM

En rassemblant des images d’archives, des documents de la Nasa et des extraits de films, le réalisateur Ray McCormack et le journaliste Basil Gelpke prévoyaient déjà, il y a deux ans, la crise du pétrole dans laquelle nous sommes entrés. Dans un tour du monde d’experts, leur documentaire montre comment, en 150 ans, l’homme a presque épuisé des réserves qui ont mis plusieurs millions d’années à se constituer.

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Ce constat soulève des questions inquiétantes pour l’avenir proche : quelle quantité de pétrole reste-t-il ? Se pourrait-il qu’une guerre éclate entre des pays s’arrachant les dernières réserves ? La recherche se tourne vers de nouvelles sources d’énergie, pour que l’on puisse un jour pallier l’épuisement de ces ressources non renouvelables. Ainsi, au-delà de l’avenir du pétrole et de son histoire, le film s’interroge sur la question énergétique dans sa globalité, sans doute la plus importante et la plus complexe de notre époque, dont il expose avec clarté et rigueur les paramètres écologiques, économiques et politiques...

L’agriculture ne représente qu’une fraction modeste de la consommation de pétrole, mais c’est peut-être ce secteur qui crée la dépendance la plus vitale : sans les pesticides et les machines agricoles, qui s’appuient sur le pétrole (les engrais sont confectionnés à partir de gaz naturel), il ne serait pas possible d’avoir les rendements agricoles actuels, ni de nourrir une population mondiale aussi nombreuse.

Les spécialistes les plus optimistes situent le pic pétrolier vers 2020 alors que certains le situent (en 2008) dans le passé ou dans un avenir très proche : ces derniers font valoir que le déclin des gisements de pétrole conventionnel est plus avancé que ce qui est officiellement annoncé et que la mise en production du pétrole non conventionnel (sables bitumineux), qui doit prendre le relais du pétrole conventionnel, se fera plus lentement que prévu et portera sur des volumes annuels relativement faibles.
Les spécialistes les plus pessimistes estiment que l’économie mondiale doit se préparer au plus tôt à la transition vers une ressource pétrolière décroissante car son fonctionnement repose aujourd’hui largement sur les sous-produits de cette matière première ; la transition vers une société fonctionnant avec un pétrole rare et cher durera au moins vingt ans. Le choc pétrolier qui suivra le pic pétrolier sera d’autant moins violent que la société aura su s’y préparer.

Où se situe le pic pétrolier mondial ? Ce point est débattu par les experts. Certains d’entre eux estiment que nous y sommes déjà. D’autres imaginent, au contraire, que nous ne l’atteindrons pas avant dix ou vingt ans. Le plus important, c’est de réaliser que l’extraction pétrolière ne peut être augmentée indéfiniment. Elle était d’1 million de barils/jour (1 baril = 159 litres) en 1914 et de 6 millions en 1945. Ce fut ensuite l’embal- lement : aujourd’hui, elle atteint 87 millions de barils. De combien peut-on encore dépas- ser ce chiffre ? La compagnie pétrolière Total estime que la planète n’arrivera pas à 100 millions de barils/jour. Les représentants de Saudi Aramco voient le maximum d’extrac- tion autour de 90 à 95 millions de barils.
Ce qui est certain, c’est que le pic pétrolier est une loi de la nature à laquelle ni la technologie ni l’argent ne nous permettront d’échapper.



Voir en ligne : Wikipedia.org

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