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Osirak : l’épopée nucléaire irakienne

vendredi 26 janvier 2007, par Do

Osirak était le nom d’un réacteur nucléaire expérimental de 70 MW en cours d’installation en Irak au sud-est de Bagdad, construit par la France et dédié à des recherches civiles sur le nucléaire.

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Chirac et Hussein

Cette volonté aboutit à la signature d’un accord franco-irakien le 18 novembre 1975. Toutefois ce contrat n’aboutira pas, EDF ayant abandonné la filière du type de réacteur choisi à la même période.
Partie remise, puisque le 26 août 1976 l’Irak signe un contrat de plus d’un milliard de francs pour un réacteur de recherche de 70 MWth nommé Osirak. Ce type de réacteur, constitué en fait de deux réacteurs jumaux conçus à l’origine pour de la recherche scientifique ou du nucléaire civil, permet avec quelques manipulations la création de plutonium 239 nécessaire à la fabrication de la bombe A.

La France s’engage également à livrer 80 kg de combustile au moment du démarrage du réacteur prévu en 1981, représentant 6 fois la charge nécessaire à son fonctionnement. Toutefois, face aux pressions d’Israël et des Etats-Unis elle n’en livrera officiellement qu’une seule. Un rapport international indique cependant que le deuxième réacteur d’Osirak, bien
moins puissant que le premier, est mis en route en mars 1987. Cette information nous apprend deux éléments importants. Tout d’abord le réacteur secondaire a été épargné par le raid de 1981 lancé par Israël, qui a détruit le réacteur principal ( ou alors ce dernier a été réparé par la suite avec une aide extérieure ). De plus l’Irak disposait d’une charge de combustible suffisante à son fonctionnement. Est-ce la charge livrée par la France destinée au premier réacteur qui fut utilisée ( les deux réacteurs nécessitant la même quantité de combustible pour fonctionner ), ou la France a-t-elle livré secrètement une deuxième charge à l’Irak ?

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Vue aérienne du complexe d’Osirak

L’apport de la France ne se limite pas à du matériel nucléaire. En effet durant la construction du réacteur Osirak, dans la fin ds années 70, une centaine d’irakiens sont venus en "stage" à Saclay, afin de remporter en Irak des connaissances vitales sur le nucléaire.
La France n’est pas la seule à apporter sa précieuse aide à l’Irak, l’Italie est également grandement impliquée. Elle passera en effet quelques accords, notamment sur la construction de laboratoire permettant la manipulation de produits hautement radioactifs.

L’Irak accentue sa progression vers l’arme nucléaire au début des année 80 en achetant de l’uranium pur à plusieurs partenaires, notamment le Brésil, le Niger et l’Allemagne. Les transactions internationales sont facilitées par l’argument pétrolier irakien extrêmement puissant.
Malgrè cette progression qui peut sembler rapide, l’avancement du projet nucléaire irakien n’aura pas été sans encombres. En effet l’assassinat de haut-représentants de diverses sociétés spécialisées dans le nucléaire se multiplient. Un spécialiste égyptien du nucléaire travaillant pour l’Irak sera également victime de cette lutte secrète. L’attentat le plus retentissant restera l’explosion du double-coeur d’Osirak dans son hangar de La-Seyne-sur-mer ( proche de Toulon ) le 6 avril 1979. Toute cette opposition aboutira finalement à un raid militaire. C’est ainsi que le 7 juin 1981 l’opération Babylone est déclenchée, lançant un raid aérien parti du sud d’Israël menant à la destruction du réacteur principal ( cf le paragraphe 3 pour le réacteur secondaire ).

Aujourd’hui, même si l’Irak pourrait encore posséder de l’uranium et quelques infrastructures souterraines secrètes souhaitées par Sadam Hussein, il est peu vraisemblable qu’il soit en mesure de produire une quelconque arme atomique.



Voir en ligne : Wikipedia.org

Portfolio

Schéma de l'opération Babylone Saddam Hussein Construction du complexe du réacteur Osirak

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