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Les tyrans intérieurs

samedi 12 août 2006, par GM

La plupart des gens sont convaincus que leurs comportements et leurs pensées conscientes constituent la totalité de leur personnalité. Pourtant, la psychanalyse a montré qu’il existe au fond de nous des forces inconscientes qui peuvent nous influencer et nous manipuler.

Dans certains cas, elles se manifestent par des symptômes tels que des phobies, des angoisses, ou des malaises physiques. Mais le plus souvent, on ne se rend pas compte de leur présence et elles nous manipulent de façon sournoise en nous enlevant notre liberté de choix et de jugement.

Elles deviennent alors des tyrans intérieurs. Si nous voulons contribuer à changer le monde, nous devons apprendre à repérer ces forces et comprendre comment elles s’allient avec les manipulateurs extérieurs pour nous empêcher d’exercer notre pouvoir. Le célèbre psychanalyste Sigmund Freud a mis en évidence deux tyrans intérieurs : le petit enfant, et le policier.

- Le petit enfant :

Il se manifeste presque toujours dans le registre du désir. Sa caractéristique est d’exiger la satisfaction immédiate de ses envies, quel qu’en soit le prix.
Il peut s’agir de désir sexuel, mais aussi du besoin de posséder, d’être aimé, d’être en sécurité, etc.
Si nous ne savons pas repérer ses agissements, il peut manipuler nos choix dans le domaine économique (course à l’argent ou aux plaisirs), et dans le domaine politique en faisant de nous des victimes toutes prêtes pour les démagogues qui promettent bonheur, sécurité ou honneurs. Il peut également se révéler dangereux dans nos relations avec nos proches, car il nous pousse à vouloir les modeler à notre image.

- Le policier :

Ili se manifeste avant tout par l’interdit. Sa fonction est d’empêcher que les désirs du petit enfant ne puissent s’exprimer consciemment.
Pour cela, il punit toute action contraire à sa loi par une forte dose d’angoisse et de culpabilité. S’il acquiert trop de puissance, il peut rendre nos comportements et nos idées complètement rigides et sectaires.
Il nous jette dans les bras des partis extrémistes, et risque de baser nos relations avec nos proches sur l’autorité plutôt que sur la compréhension et le respect. Ceux qui sont victimes de son influence sont prêts à commettre des actes dramatiques pour échapper à ses punitions.

Carl Gustav Jung, un psychanalyste suisse élève de Freud a découvert deux autres dictateurs internes : le masque social et l’ombre.

- Le masque social :

Il représente le visage que nous montrons aux autres. Il les aide à nous identifier et nous permet de vivre en société.
Malheureusement, de nombreuses personnes laissent leur masque prendre le pouvoir sur leur personnalité réelle.
Elles ne sont plus alors que des coquilles vides et perdent sans s’en rendre compte leur liberté de décision. Elles sont à la merci des modes, des mots d’ordre et des normes dictées par leur milieu.
Leur seul souci est de garder intact le portrait qu’elles offrent aux autres.
Elles établissent avec autrui des relations qui sont basées sur le statut ou sur la hiérarchie, plutôt que des échanges de personne à personne.
Pour les prisonniers du masque, changer le monde est une tâche impossible.

- L’ombre :

Il est en quelque sorte notre frère jumeau opposé caché dans les profondeurs de notre inconscient. Elle représente la part de nous-mêmes qui n’a pas pu se développer, qui est restée enfouie en nous sans parvenir à naître.
Elle possède en général des caractéristiques inverses de celles de notre personnalité consciente. Si vous vous efforcez d’être juste et honnête, votre ombre aura les traits d’un personnage fourbe et malfaisant. Ceux qui ne sont pas capables de voir leur ombre ont tendance à la faire porter aux autres.
Ils voient le monde en noir et blanc avec d’un côté les bons (dont ils font toujours partie) et de l’autre les méchants qu’il faut craindre ou éliminer. Ce tyran intérieur peut être extrêmement dangereux, surtout pour celles et ceux qui rêvent de transformer la société...



Voir en ligne : Eveildelaconscience.ca

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