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Le village libertaire de la Valette

dimanche 28 janvier 2007, par GM

Ma première étape, c’est l’écommune libre de la Valette, aux portes des Cévennes.
La "vieille Valette" est un village complètement déserté depuis trente ans et où un groupe de confession libertaire a établi un squatt en 1992. Reportage de Malvira.

Il flotte dans l’air comme un parfum de monde neuf...
Depuis quelques années, les lieux alternatifs à la vie "boulot-vacances-boulot-dépression" refont surface. Sous des appellations telles écovillages, collectifs ou communautés, ils intéressent un nombre grandissant de gens.

J’ai eu envie d’aller voir ce qui se vit au quotidien dans ces bases d’expérimentation pour une société différente. Me voici donc sur la route, lestée de mon sac à dos, à la rencontre de ces lieux de vie , à la découverte des dynamiques et personnes qui les peuplent.

Découverte :

Ma première étape, c’est l’écommune libre de la Valette, pas trop loin d’Alès, aux portes des Cévennes.
Le décor est enchanteur et mystérieux, assez incroyable pour une personne issue comme moi des régions hyper peuplées et urbanisées de Belgique.
La "vieille Valette" est un village complètement déserté depuis trente ans et où un groupe de confession libertaire a établi un squatt en 1992.
Le village est niché sur le dessus d’une vallée également abandonnée (car anciennement minière), propriété de l’ONF (Office national des Forêts), ou la nature a repris ses droits sur le travail de défrichage et de cultures en terrasses dont les traces sont encore bien visibles.

Mon séjour à la Valette coïncidait avec la semaine du "Festivalette". Etaient annoncés dans le programme chantiers, concerts, débats, performances, prix libres. Ce qui offrait l’occasion d’un vaste rassemblement à dominante punk avec chiens, tatouages, anneaux dans le corps, camions aménagés et cheveux colorés. En même temps, s’étaient aussi donné rendez-vous dans les rues sinueuses et poussiéreuses du village une population que je qualifierais d’"écolo-post-hippie".
Les moments forts du festival furent, en vrac : la nuit de pleine lune et son ambiance électrique, les apéros déguisés au son de l’accordéon chaque soir, la famille Turis et son théâtre trash-interactif, l’initiation à la sculpture sur pierre qui déclencha beaucoup d’enthousiasme, la musique punk destroy pour se casser la voix et une foule d’autres moments trop longs à détailler.

Autonomie :

Plongeons-nous maintenant dans ce qui constitue le quotidien et l’armature de ce lieu.
Le maître-mot de la Valette, c’est l’autonomie.
Par rapport à d’autres projets qui se débattent dans les méandres du financement et de la survie économique, les gens de la Valette sont étonnamment libres : de par leur statut de squatt, ils n’ont de comptes à rendre à personne pour avoir le droit d’habiter. Leurs conditions d’existence dépendent seulement de l’équilibre établi entre le seuil de besoins et l’énergie qu’ils sont prêts à dépenser pour aménager leur quotidien.

A l’heure actuelle, on peut d’ailleurs observer que, comme dans la plupart des squatts, elles sont assez rudimentaires. L’objectif final de l’aménagement est néanmoins bien de devenir autonomes quant à leur production alimentaire et énergétique.
Sur le plan de l’électricité, ils atteignent actuellement l’autoproduction totale grâce à des panneaux solaires et un groupe électrogène pour les périodes de grosse demande, ainsi qu’à une réduction de leurs besoins.
Les plus gros boulots auxquels ils s’attellent pour l’instant sont la reconstruction du village et le défrichement des terrasses qui sont ensuite mises en culture.
L’autonomie est très présente aussi dans le fonctionnement du groupe.

Tout est possible, tout peut se dire et il semble y avoir très peu de règles profondément instaurées.
Cette grande liberté induit une part d’instabilité et de violence dans les rapports : pour faire entendre sa voix et influer le cours des choses, il faut pouvoir gueuler suffisamment fort.
Les habitants de la Valette ont crée un terme : ils se définissent comme ARTICULTEURS. Ainsi, l’expression artistique constitue un des autres points forts du lieu. La production est particulièrement riche et variée avec beaucoup de théâtre, de la peinture, de la sculpture sur pierre, de la musique, de la danse, du chant...
Un dernier élément remarquable de ce projet. Le collectif est ouvert à tous, particulièrement à des gens qui ne trouvent pas leur place ailleurs.

L’occasion de relancer certains échoués dans des voies sans issue de l’existence sur des chemins plus constructifs, mais également la porte ouverte aux glandeurs et colporteurs de zizanie. Cet aspect constitue sans doute une des zones douloureuses et houleuses pour le groupe. La gestion du collectif incluant des personnes en "décalage" intense représente ainsi un frein dans la construction du projet.
En partant de la Valette, je garde dans la tête l’image de tout le boulot réalisé par ce groupe acharné, bruyant et plutôt bordélique... mais aussi qu’il n’est point de réponse simple pour s’organiser collectivement et réinventer le quotidien.
En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui veulent "s’engager" (madre dios, voilà que je tombe dans le vocabulaire militaire). Vous qui avez de l’énergie et de l’imagination en réserve, n’hésitez plus à amener votre contribution : y’a du boulot pour construire les alternatives !
Pas de chômage ici et tant qu’on y croit, de la place pour tous.

Rencontres :


Quelques rencontres au hasard du festival, dont j’ai trouvé intéressant de relater le message ou l’expérience...
Vlada, l’homme en blanc et au drôle de chapeau de l’An 01, qui se nourrit de plantes sauvages comestibles et défend avec passion le principe d’habitat auto-construit et autonome.
Il vous fourre sous le nez ses bouquins et textes photocopiés sur "la maison d’urgence à 500F ou 2527F" (selon votre situation) ou "guide de l’autoconstruction".

Là-dedans, vous trouverez toutes les infos pour vous bâtir vous-même une maison autonome en énergie, utilisant les ressources du lieu et recyclant les déchets de ses habitants.
L’idée qui motive ce mouvement est simple mais en béton (eh eh, joli paradoxe !) : pour ceux qui se sentent mal dans le système industriel, consumériste et rendant l’homme passif face à son environnement, bâtissez-en un autre parallèle, apprenez à vivre par vous-même et le système s’écroulera faute de gens pour le faire tourner... et vous vivrez sans plus devoir vous soumettre à ces règles qui vous paraissent injustes, barbares et insensées.
Pour plus d’informations concernant l’auto-construction et l’habitat autonome, contacter : rêve-évolution, 51 rue dieu lumière, 51100 Reims.

Luc cultive seul une parcelle de terre qu’il a rachetée à peu de sous dans les Pyrénées... le travail est dur mais avec le RMI et ses productions, il s’en sort.
La route la plus proche est à 45 minutes de marche à pied et donc les ânes et chevaux ont repris du service pour le transport de vivres et de matériel.
Les gens du village voisin ont également mis sur pied un groupement d’achat bio, ce qui permet d’acheter les aliments non produits sur place de qualité et à prix raisonnable.
Il cherche des gens motivés pour l’accompagner dans son boulot agricole...

Nadine voyage depuis un peu plus d’un an (par intermittence) avec son petit sac à dos, au gré des rencontres ou expériences intérieures isolée dans la nature.
Elle suit les appels de son cœur pour avancer.
Son expérience solitaire est un pied de nez à ceux qui veulent empêcher les nanas de voyager seules sous prétexte qu’elles s’exposent à coup sûr au viol et aux agressions sexuelles !



Voir en ligne : Collectif.valette.free.fr

Portfolio

7 Messages

  • Le village libertaire de la Valette Le 31 décembre 2007 à 14:10

    Je suis allée il y a 5ans dans ce village ou la notion du temps n’existe plus j’en garde de trés bon souvenirs ma premiére vision que j’ai eu en arrivant aprés avoir monter le petit sentier était magique les papillons,le petit cour d’eau,le cheval et les enfants qui couraient partout,la maison de verres,les sculture de fer.J’ai rencontre des gents trés intéréssent de toutes nationalités.J’ai le projet de construire un lieu reprennant les même idées nous avons suivis une formation éco-contructeur(maisons en paille,tipi...) et avons trouvé un terrain dans la Drôme que nous louons a partir du 10janvier 2008.Cela fait 6ans que je sillone les routes l’envie de construire un endroit parfaitement autonome me tient a coeur.Pour moi le foyer est important c’est l’endroit ou nous évoluons il faut si sentir parfaitement bien pour avoir un bon équilibre.En veillisant je me suis rendu compte que c’est ce qui me manquer un endroit à moi dans la nature.J’espére que mon projet aboutira.Quand on veux on peut !

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    • Le village libertaire de la Valette Le 21 janvier 2008 à 19:18, par Hobbit [admin]

      Des projets similaires fleurissent un peut partout dans le monde. Je pense que c’est une excellente solution pour l’avenir. Merci pour ce témoignage !

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    • Le village libertaire de la Valette Le 24 mai 2008 à 17:18, par Jul

      Je m’interresse aussi beaucoup à ces villages où règne anarchisme et liberté mais je n’ai encore jamais eu l’occasion de voir et participer !
      Si mademoizelle vous avez reussi à créer un village, faites moi signe ;)
      à bientot.
      Jul

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    • Le village libertaire de la Valette Le 19 août 2008 à 20:36, par cosmos26

      Bonjour, nous cherchons un lieu pour vivre, autonomie, idées libertaires...
      Nous aimerions rencontrer des gens dans le même esprit. Nous sommes également de la drome. Catherine et Pierre.

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    • Le village libertaire de la Valette Le 8 août 2009 à 12:31

      bonjour je suis en voyage vélo dans le coin et j’aimerais y passer mais c’est ou exactement la valette
       ?

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      • Le village libertaire de la Valette Le 20 août 2010 à 23:06

        c ou ? c pas loin deriere mars un peu à gauche...
        si tu t’pert tu gueul mais c pas dit qu’on t’entende....

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        • Le village libertaire de la Valette Le 1er mai 2013 à 11:45, par xavier

          Tout d’abord Bon-Jour. Je vous souhaite une seul chose trouver la place que vous chercher tous. Je sais aujourd’hui que dans cette vie, on peut en avoir plusieurs et avec ça, plusieurs rôles. Tout aussi différent que les lieux où l’on s’est posé. Pour un temps ou pour toujours. Je fais parti de ceux qui cherche encore, amour, simplicité et partage. La joie intérieure m’a été donné par je ne sais qui ou quoi mais c’est ainsi. Certains jours le doute revient mais c’est sans réponses attendues que j’ai désormais envie d’appréhendé l’avenir. Le quotidien m’offre les réponses et bien souvent dans des situations que je ne pouvais imaginer jusqu’à lors. Peut-être à cause de cet acné terrible dont j’ai été le souffre douleur. Peut-être à cause de la violence et l’alcoolisme d’un père que j’ai retrouvé dix huit après et qui a pleuré tel cet enfant effrayé et maltraité qu’il a toujours été. Peut-être parce que je n’ai pas touché une femme pendant dix ans alors que j’ai les aiment tellement. Je me dois d’être franc. Ce n’est qu’une réaction à une conscience qui petit à petit s’éveiller à l’essence même de l’existence. J’ai eu des gestes pas saints, étant enfant, envers une soeur qui en pleurant m’a dit que je n’était pas un monstre, que j’étais quelqu’un de bien et qu’elle me pardonnais. J’ai consommé beaucoup de drogue, tellement que c’est un miracle si je suis encore debout. J’en ai vendu sûrement plus. Ce qui est sûr aujourd’hui si quelque chose l’est dans ce monde c’est que transcender la douleur est possible, je suis la preuve vivante de cela. Maintenant je ne fais que transmettre ce que j’ai ressenti et je ressens ceci. Nous sommes chez nous. Notre mère ,la Terre, j’ai vu la mienne mourir sous mes yeux huit jours avant mes seize ans, nous accueille avec humilité, il est peut-être temps d’écouter ses enseignements. Partout où je vais désormais on m’accueille avec amour parce que j’en ai des tas à offrir à qui veut bien le recevoir, bien évidemment. Pour finir je vous envoie tout l’amour dont je suis capable aujourd’hui. Je ne suis pas un saint, juste un petit bonhomme qui rêve et rêve encore...

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