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Le poumon du monde touché en plein coeur

dimanche 15 octobre 2006, par Do

La forêt d’Amazonie est sans doute la plus célèbre des forêt tropicale. Elle s’étend sur 5,5 millions de kilomètres et constitue à elle-seule la moitié des forêts tropicales restantes dans le monde. De plus elle abrite des milliers d’espèces végétales et animales, la plupart encore inconnues ou presque. Il s’agit donc d’un trésor du patrimoine mondial que la logique voudrait que l’on protège. Malgrè cela l’Homme, l’espèce la plus évoluée et civilisée de notre monde, s’acharne à la détruire.


Aujourd’hui la situation est alarmante. Les rapports des ONG actives dans la protection de la forêt sont catastrophiques. Même si aujourd’hui elle couvre 4,2 millions de km², 1,7 millions d’hectares disparaissent dans la seule année de 1997. De plus chaque année le taux de déforestation de l’Amazonie augmente de 25 %, de quoi rapidement atteindre une quantité à peine imaginable. Il faut rajouter à cette notion de carnage la dimension illégale de ces actions, puisque seuls 25 millions de m² exploités bénéficient d’une licence d’exploitation. Au Brésil l’exploitation illégale du bois représente 80 % du secteur.
Si tout cet abatage servait à la construction d’abris décents pour les plus démunis des favélas brésiliens, si les fonds récoltés étaient destinés à diverses œuvres de bienfaisance un véritable problème d’éthique se poserait, mais 70 % du bois exploité en scierie finit en déchet.

Des millions d’hectares d’une forêt luxuriante de vie qui s’entassent et pourrissent inutilement.
Au phénomène de déforestation, qui reste le principal problème, s’ajoute celui de la pollution, notamment de l’eau, par les milliers de mines présentes sur le secteur. Si le gouvernement brésilien concède 30.000 licences pour l’exploitation minière ces dernières sont certainement beaucoup plus nombreuses.
S’il est difficile de se faire une idée de leur nombre exact, car développées dans la plus pure illégalité, il est également difficile de mesurer avec exactitude les ravages de pollution causés par ces dernières. Une chose est sûre : ces taux sont énormes. Par exemple la rivière Sulawesi, une rivière amazonienne, comporte un taux de mercure 70 fois supérieur aux normes internationales. La principale responsable est une société qui extrait des minéraux ’plus ou moins officiellement’, et qui produit chaque jour le nombre inimaginable de 300.000 tonnes de déchets. De plus l’exploitation minière apelle un important besoin d’energie et d’infrastructure, intensifiant donc encore le phénomène de deforestation au profit de routes et autre centrales electriques.
Ces constats édifiants mène à la terrible conclusion que la forêt d’Amazonie aura disparue en 2020 ! Nous sommes donc en droit de nous demander pourquoi ces massacres quotidiens continuent.

La réponse se retrouve encore une fois dans l’unique objectif de nos sociétés modernes : le fric. Des millions d’hectares sont brûlés, libérant d’énormes quantités de gaz carbonique, au profit d’immenses exploitations agricoles.
L’appât du gain se traduit par l’apparition d’immenses cultures où poussent une production non pas en partie destinée à aider la population pauvre, pourtant largement majoritaire, mais bel et bien au commerce et aux profits. Difficile d’enrayer cette machine industrielle quand on connait la puissance du lobby agricole au Brésil, qui atteint même le pouvoir politique puisqu’il s’agit d’une organisation qui se présente à diverses élections. Cette représentation politique leur permet de s’emparer de nouvelles parcelles à déboiser pour develloper leur industrie.

Cercle vicieux parfaitement rodé qui démontre une fois de plus l’importance plus grande accordée aux affaires qu’à l’environnement.
Vient s’ajouter à ce problème celui de la richesse du sol amazonien : or, nickel, cobalt, diamants... La forêt devient donc gênante pour accéder à ces richesses convoitées, et surtout aux richesses pécunières qu’elles représentent. Encore une fois le desinterêt de l’environnement et l’inconscience de l’avenir entraine une recherche du profit sans limite.

Quelle est le pouvoir réel des Etats, autrement dit des peuples du monde, sur l’industrie et les entreprises ? Les profits sont-ils plus importants que notre santé à tous ? Nous vivons malheureusement dans un monde où les flux monétaires ont remplacés la philosophie et où le profit individuel et immédiat a remplacé l’interêt vital de tous.
Même si les premières populations concernées sont celles d’Amazonie, et plus généralement d’Amérique du Sud, nous sommes tous directement concernés par la bonne santé de la forêt d’Amazonie. L’héritage naturel est si important que le massacre qui le détruit est d’ampleur égale, rendant l’hypothèse d’un désastre planétaire probable et légitime.

On recense 70 % des espèces animales et végétales dans la forêt amazonienne. Une très grande majorité de la biodiversité mondiale est donc menacée, ce qui destabiliserait en profondeur l’ecosystème mondial. Plus qu’une balafre à l’échelle mondiale, il s’agit d’une perte considérable pour la recherche biologique, médicinale et scientifique en général. Pour avoir une idée de la richesse inestimable de cette région, il suffit d’observer que seulement 1 % des plantes d’Amazonie ont été étudiées pour leurs propriétés médicinales, et que 70 % des plantes utilisées dans la lutte contre le cancer proviennent de cette zone.

Cette immense zone est également un lieu de vie humaine. Au XVIeme siècle entre 5 et 7 millions d’indiens vivaient dans la forêt d’Amazonie. Aujourd’hui ce chiffre est réduit à 250.000. La déforestation intensive les chasse toujours plus loin, accroissant la difficulté de survivre dans un milieu déjà hostile à la présence humaine. En revanche entre 1955 et 1985 le taux d’accroissement de la population non-indienne est de 900 %, entrainant avec elle des infrastructures inadaptées et une pollution fortement nocive. Il s’agit donc d’une simple colonisation sauvage où l’on détruit ce qui existe déjà pour le remplacer par une vision censée être moderne de l’organisation de l’espace.

Enfin toutes ces actions ont un fort impact sur le climat de la planète. En effet le surnom de ’poumon du monde’ n’est pas attribué au hasard, la forêt amazonienne constituant une des plus importantes machine de renouvèlement de l’oxygène de la planète. Sa destruction entraine non seulement une purification beaucoup moins importante de l’air, mais aussi une accélération de l’effet de serre puisque, par effet inverse, le gaz carbonique n’est pas renouvelé. Il s’agit donc d’une remise en cause de la couche d’ozone, de la fonte des glaces, et par liaison de la montée générale des océans, et de tout autre bouleversement climatique dont pourrait violemment souffrir les hommes.

Comme à son habitude l’Homme se contente de viser le profit individuel en saccageant son propre espace de vie, attitude qui peut paraitre incompréhensible au vu de sa prétendu intelligence.
Les solutions aujourd’hui existent, elles passent par une prise de conscience et des actions collectives afin de préserver cet espace qui nous est vital à tous. S’intéresser à ce problème, s’informer, participer au débat constitue un premier pas vers une mobilisation générale. Les états doivent, au même titre que les citoyens, s’engager dans la lutte pour la préservation de l’environnement en usant de leur légitimité au pouvoir. Qu’ils reprennent les choses en main pour le bien-être de la population car c’est là leur raison d’être. A quoi servent des pantins de l’industrie à la tête d’une nation, si ce n’est à encore accroitre les inégalités.

Enfin il faudrait revenir à la vision qui fondait autrefois l’idéologie de toute les différentes productions, à savoir privilégier la qualité à la quantité. Depuis l’avènement de la machine industrieuse l’homme n’a cesser de chercher à augmenter leur production, entrainant une hausse des profits. Cette vision met aujourd’hui le monde en péril, il est temps de revenir dans un monde sain où qualité ne rime pas forcément avec privilège. C’est un changement profond et rapide de notre état d’esprit qui est nécessaire, c’est devenu une question de survie.



Voir en ligne : Wikipedia.org

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