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Le pic du pétrole

vendredi 22 août 2008, par GM

C’est dans les années 1980 que l’humanité a commencé à consommer plus de pétrole qu’elle n’en découvrait. Depuis lors, en dépit de technologie toujours plus sophistiquées, l’écart s’est accentuée entre l’offre et la demande. Le pic e production de pétrole conventionnel a été dépassé en 2005, et celui de toutes les catégories de pétrole interviendra vers 2010.

Quelques 300 millions d’individus peuplaient la planète à l’époque du Christ. A l’époque les êtres humain utilisaient l’énergie du muscle et de l’animal, ainsi que celle du vent, de l’au et du feu de bois pour continuer à vivre. Puis vinrent le charbon, le pétrole et le gaz, qui ont fourni une pléthore de nouvelles énergies faciles, favorisé un développement rapide de l’industrie, des transports et du commerce, et conduit à la multiplication par vingt de la population mondiale.

La problématique de la diminution de la production serait claire si en la matière les informations étaient fiables. Mais c’est loin d’être le cas, on ne dispose que de définitions approximatives et de données opaques. Il s’agit tout d’abord de savoir ce qu’il faut mesurer. Il existe en effet plusieurs catégories de pétroles et de gaz, plus ou moins faciles à extraire et rapide à produire.

Entre un puits moyen-orientale, qui produit 50 000 barils par jour sous l’effet de sa propre pression, et l’extraction de sables bitumineux au Canada à grand effort de machines d’excavation, il y a une grande différence de productivité.

Il importe donc de différencier le pétrole conventionnel des sables bitumineux, des pétroles lourds et en eaux profondes, du pétrole polaire et des gaz naturels liquides issues des usines de traitements. Le pétrole conventionnel constitue la principal ressource en hydrocarbures et le restera encore longtemps. Il est donc possible d’anticiper la date de la production totale.



Surévaluations frauduleuses :

Si la taille d’un gisement du pétrole en début de vie est facile à mesurer, il est plus compliqué de connaitre sa productivité, tant sont fortes les pressions commerciales, financières, fiscales et politiques. Les grandes compagnies pétrolières, assujetties à des règlementations boursières strictes afin d’empêcher les surévaluations frauduleuses communiquent les chiffres les plus bas, pour obtenir des résultats financiers et fiscaux satisfaisants avant de réviser leurs chiffres à la hausses.

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Quant aux membres de l’organisation des pays exportateurs de pétroles (OPEP), ils se sont retrouvés en concurrence pour leurs quotas de production respectifs, estimés à partir de leurs réserves supposées.
Certains ont déclaré des augmentations faramineuses dans les années 1980, probablement sur la base des réserves d’origine et non des réserves restantes, faisant l’impasse sur les taux de production antérieurs.

Ces ambigüités se reflètent dans les estimations de la production mondiale, qui se calcule en milliards de barils et qu’on peut arrondir généreusement en regard des incertitudes. La production d’un pays doté de nombreux gisement de tailles et d’ages différents suit généralement un courbe en forme de cloche. Après le pic, la production recule, faute de réserves suffisantes, provocant une augmentation des prix.
Les deux graphiques ci contre l’illustrent. Le premier montre une courbe de la production de toutes les catégories de pétroles, le second les découvertes de gisements et la production. Le monde a commencé à produire plus qu’il ne découvrait dans les années 1980, malgré d’énormes investissement dans la recherche. Le Peak Oil (pic du pétrole) a été dépassé en 2005 pour le pétrole conventionnel et le sera en 2010 pour les autres. Plus de cinquante pays l’on déjà franchi et produisent moins qu’avant.

Nous sommes en plein milieu de l’ère du pétrole, dont la première moitié aura ouvert un chapitre remarquable et relativement court de l’histoire. La seconde moité verra le déclin de ces énergies et de touts ce qui en dépend. La transition sera mouvementée, et nous y sommes mal préparés. Mais il ne s’agira pas forcément d’une apocalypse, car elle pourrait déboucher sur une époque plus paisible, ou les êtres humains vivraient en harmonie entre eux, et surtout avec l’environnement que la nature leur a alloué. Il seraient alors libérés de la malédiction du pétrole, qui aura tant bouleversé l’ordre des choses.



Le Monde diplomatique, l’Atlas environnementale.


Voir en ligne : Wikipedia.org

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