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Le contre pouvoir

mardi 4 juillet 2006, par GM

Techno-anarchistes", "Cyberpunks" et "hackeurs", que cachent ces mots ? Bien souvent, on désigne ainsi des individus délinquants, en marge du système, sévissant dans le cyberespace au sein de communautés et incarnant une contre culture. Mais cela est bien réducteur, il s’agit bien d’une contre culture mais il faut savoir contre quoi elle s’oppose.

Le terme hackeur, lui même galvaudé au sein du grand public, et désignant par un étiquette générique, des pirates ou malfaiteurs qui n’inspirent pas confiance. Mais à l’origine ce terme de hacker, était un titre honorifique que se donnaient les informaticiens entre eux ; on désignait ainsi une personne qui maîtrise le système au niveau de la programmation, quelqu’un qui connaît bien les algorithmes, qui a une compétence reconnue et respectée.
Porter le titre de hackeur au sein de ces communautés était valorisant, il distinguait des maîtres de la programmation, d’excellents codeurs, des perfectionnistes qui plongeaient les mains dans les tréfonds du système pour en extirper les moindres secrets, pour en corriger les imperfections.

Ce terme désignait des universitaires, des informaticiens passionnées, des amateurs qui construisaient par coopération des outils logiciels. De nos jours quand on parle de hackeurs, il faut vraiment faire un effort pour retrouver le contexte culturel et linguistique, pour savoir de quoi on parle dans le fond.

Les "bons" hackeurs comme il faut le designer maintenant pour le grand public, pour éviter les malentendus sémantique, sont aux avants postes des mutations culturelles et technologiques qui toucheront l’ensemble de la population. Ils sont dans l’underground et incarnent une nouvelle sorte de combattants des temps modernes, c’est l’avant garde du conflit larvé du prochain millénaire, celui de la guerre de l’information. Ils luttent pour la libéralisation des représentations des connaissances et de tous les autres vecteurs de partage de ressources.

Ils représentent un esprit révolutionnaire, c’est un contre pouvoir qui lutte contre les dérapages totalitaires des systèmes d’informations modernes. Dans la majorité ce ne sont pas des pirates, ce sont des chercheurs passionnés soucieux que la liberté intellectuelle règne dans les technosciences de l’information et du logiciel. La facilité de manipulation et de contrôle de l’esprit humain est une évidence facile à transposer dans le régime du traitement automatique des données, de toute interface logicielle qui sépare des réalités organisationnelles différentes. C’est ce danger de l’emprise des totalitarismes commerciaux, politiques et religieux sur la connaissance que révèlent ces combattants du réseau mondial.

Le sens critique, l’esprit créatif et la liberté intellectuelle ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la modernité, au profit des multinationales soucieuses de remporter des parts de marché et prêtent à tous les abus idéologiques pour justifier le contrôle et la manipulation culturelle. C’est dans le sens de cet engagement que s’inscrivent leurs combats quotidien.

Du marketing sauvage à la manipulation mentale, certaines industries et multinationales se servent du consommateur comme s’il était un idiot culturel, incapable de discerner par lui-même ce qui lui convient. L’art de la subversion et les débats organisés par les hackeurs s’inscrivent dans une politique de révélations, de dénonciations de certains dérapages qui conduisent à la dictature intellectuelle, à la rigidité de la pensée, à la diffusion d’une culture de la consommation imposée par une coercition non remarquée.

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Mel Vadeker



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