Accueil > Hypercomplex > La cryptographie quantique

La cryptographie quantique

samedi 7 octobre 2006, par Petit poney

La cryptographie quantique, qui utilise les propriétés physiques de la lumière pour coder les messages, s’annonce plus performante que le codage mathématique.

Les informations confidentielles qui circulent aujourd’hui sur Internet, ou entre les banques par exemple, sont codées grâce aux mathématiques. Pour le moment, personne n’est arrivé à trouver une méthode qui permette de décoder rapidement ces messages secrets. Mais rien ne dit que cela ne se produira pas un jour. Voilà pourquoi les recherches pour sécuriser les communications se multiplient.

Depuis quelques années, les espoirs se portent vers une nouvelle technique qui, selon ses promoteurs, assurera dans un avenir proche l’inviolabilité des communications. La cryptographie quantique, c’est son nom, ne repose plus sur les mathématiques mais sur les propriétés physiques de la lumière qui la rendraient ainsi totalement sûre. De nombreuses sociétés dans le monde se sont lancées dans le développement de cette technologie. 35 millions d’euros pour la recherche européenne.

Pour l’Europe, un des leaders mondiaux dans le domaine, la cryptographie quantique est devenue un sujet de recherche important. D’ici à 2008, le projet Secoqc, qui réunira onze pays, devrait voir la naissance d’un grand réseau de communication entièrement sécurisé par la nouvelle technique. Dans les quatre ans qui viennent, 35 millions d’euros seront consacrés par la Commission européenne à la recherche dans le domaine des technologies quantiques, dont la cryptographie.

Développée dans les années 90 simultanément dans deux laboratoires, américain et suisse, la cryptographie quantique est à la mode. Pour le moment, trois sociétés - américaine, suisse et japonaise - proposent un outil capable de sécuriser le transfert d’information. Elles utilisent pour cela le réseau de fibres optiques déjà existant. Grâce à un laser, des photons - les grains individuels qui forment la lumière - sont envoyés un par un dans la fibre optique jusqu’à un détecteur. C’est là que réside la différence majeure avec les communications classiques, où c’est un flux de lumière de plusieurs millions de photons qui est transmis. Et c’est ce qui rend en théorie la méthode inviolable. Car si un espion tente d’écouter la communication, chaque photon en garde la trace. L’émetteur et le récepteur peuvent donc s’assurer que l’information est restée intacte pendant son transfert. Et s’en servir comme d’une clé pour coder et décoder par la suite les données secrètes en elles-mêmes qui seront envoyées par Internet ou une autre voie plus classique. Pas assez vite ni assez loin.

Pour le moment, certains secteurs très précis comme des banques ou encore des hôpitaux se sont dits intéressés. Mais la méthode high-tech doit encore faire des progrès. « Cela ne va pas encore pas assez vite ni assez loin », confie Nicolas Gisin, physicien à l’université de Genève. Le record de distance établi depuis deux ans en Suisse et au Japon n’est que d’une centaine de kilomètres.

Les chercheurs ne sont pas en manque d’idées pour résoudre ces difficultés. Ils pensent déjà à créer l’équivalent quantique des « répéteurs », qui amplifient le signal lumineux dans une fibre optique pour le propager sur des milliers de kilomètres. Pour la cryptographie quantique, les répéteurs existants sont inutilisables, car ils détruiraient l’information portée par chaque photon. Seule solution : utiliser des petits groupes d’atomes - pas plus d’une dizaine - capables de « copier » cette information quantique puis de réémettre un photon totalement identique au premier dans la fibre optique. Malgré quelques annonces dans des revues scientifiques, « la technique reste encore cantonnée aux expériences de laboratoire », note Philippe Grangier, chercheur du CNRS à l’institut d’optique d’Orsay.

Même si aujourd’hui les fibres optiques sont les mieux adaptées pour la cryptographie quantique, d’autres moyens sont envisagés. En 2002, une équipe allemande a réussi à transmettre grâce à un laser un message crypté entre deux sommets alpins distants de 23 kilomètres, profitant ainsi d’un air pur en altitude. D’ici à dix ans, l’Agence spatiale européenne compte même mettre en place plusieurs satellites expérimentaux en orbite basse qui communiqueraient avec la Terre grâce à cette technique.



Voir en ligne : Wikipedia.org

Répondre à cet article