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L’ouverture par les lieux

mercredi 22 novembre 2006, par GM

Le système social actuel est défaillant : il ne permet pas aux jeunes talents d’émerger ou bien il ne les autorise à émerger qu’après les avoir fait passer par toutes sortes de tamis qui, au fur et à mesure, leur enlèvent toute saveur. Il faudrait mettre sur pied un réseau de "lieux ouverts" où chacun pourrait sans diplômes et sans recommandations particulières présenter librement ses œuvres au public.


Avec des lieux ouverts, tout devient possible. Par exemple, dans un théâtre ouvert, tout le monde présenterait son numéro ou sa scène sans subir de sélection préalable. Seuls impératifs : s’inscrire au moins une heure avant le début du spectacle (pas la peine de présenter ses papiers, il suffirait d’indiquer son prénom) et ne pas dépasser six minutes.

Avec un tel système, le public risque de subir quelques avanies mais les mauvais numéros seraient hués et les bons seraient retenus. Pour que ce type de théâtre soit viable économiquement, les spectateurs y achèteraient leur place au prix normal. Ils y consentiraient volontiers car en deux heures, ils auraient droit à un spectacle d’une grande diversité. Pour soutenir l’intérêt et éviter que les deux heures ne soient le cas échéant qu’un défilé de débutants malhabiles, des professionnels confirmés viendraient à intervalles réguliers soutenir les postulants. Ils se serviraient de ce théâtre ouvert comme d’un tremplin, quitte à annoncer : "Si vous voulez voir la suite de la pièce, venez tel jour et en tel lieu".


Ce type de lieu ouvert pourrait ensuite se décliner ainsi :

- cinéma ouvert : avec des courts métrages de dix minutes proposés par des cinéastes en herbe
- salle de concerts ouverte : pour apprentis chanteurs et musiciens
- galerie ouverte : avec la libre disposition de deux mètres carrés chacun pour sculpteurs et peintres encore inconnus

Ce système de libre présentation s’étendrait aux architectes, aux écrivains, aux publicistes...Il court-circuiterait les lourdeurs administratives. Les professionnels disposeraient ainsi de lieux où recruter de nouveaux talents, sans passer par les agences traditionnelles qui font perpétuellement office de sas.

Enfants, jeunes, vieux, beaux, laids, riches, pauvres, nationaux ou étrangers, tous disposeraient alors des mêmes chances et ne seraient jugés que par les seuls critères objectifs : la qualité et l’originalité de leur travail.



Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu - Bernard Werber



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