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L’héroine

vendredi 21 décembre 2007

L’héroïne ou diacétylmorphine est obtenue à partir de la morphine, le principal alcaloïde issu du pavot. Puissant dépresseur du système nerveux central, elle provoque une forte dépendance physique et psychique, poussant à la toxicomanie. En Occident, elle est classée comme stupéfiant.

L’héroïne fait partie de la famille des opioïdes qui comprend : une part les substances naturelles, les opiacés, comme la morphine et la codéïne qui sont contenus dans le latex (opium) recueilli sur le pavot (Papaver somniferum) d’autre part les substances de synthèse comme l’héroïne (synthétisée à partir de la morphine), la méthadone et la buprénorphine (Subutex R). Ces deux dernières molécules sont utilisées dans le traitement de substitution destiné à réduire les troubles du manque pendant la période d’arrêt de consommation de l’héroïne. L’héroïne, morphine et codéïne et les morphiniques de synthèse font partie de la classe des psycholeptiques. L’héroïne se présente sous la forme d’une poudre. Il en existe différentes qualités, appelées suivant la couleur : la blanche, la brune. Elle est injectée en intraveineux après dilution et chauffage.

Historique :

En 1988 un chimiste allemand préconise d’employer la morphine pour le traitement de la tuberculose du fait de ses propriétés apaisantes de la douleur et de la toux. Cependant rapidement son utilisation devient abusive et son utilisation non médicale est interdite en 1924 aux Etats Unis et en 1956 en France.

Mécanisme d’action :

L’héroïne présente dans le sang de l’individu, traverse très facilement la barrière hématoencéphalique, entre dans le système nerveux central où elle est transformée en morphine. La morphine ainsi formée active les récepteurs opiacés de type mu normalement activés par les endomorphines et notamment les enképhalines. La morphine stimule, comme toutes les substances psychoactives induisant une dépendance , la voie dopaminergique mésolimbiquemais indirectement, en diminuant le contrôle négatif par les neurones GABAergiques (Figure 1). L’effet immédiat de l’héroïne est de type orgasmique. C’est le « flash ». Il est suivi d’une sensation d’apaisement, d’euphorie, d’extase. Elle agit comme anxiolytique puissant et antidépresseur. De plus, l’activation des récepteurs mu présents sur les neurones de la moelle épinière se traduit par une analgésie.

Toxicité et risques :

les troubles liés à la consommation d’héroïne sont l’anorexie et l’insomnie. Les risques pour la santé sont, entre autres, l’arrêt respiratoire lors d’une surdose (overdose) car la morphine inhibe l’activité des neurones respiratoires bulbaires et les contaminations bactériennes ou virales lors du partage des seringues (virus du sida et des hépatites B et C).

Politique de l’héroine :

- la vente libre de seringues stériles
- la mise en œuvre de programmes d’échange de seringues (les usagers rapportent leur seringue utilisée et l’échangent pour une stérile)
- la distribution de kits de prévention contenant deux seringues stériles, deux ampoules d’eau distillée, deux tampons alcoolisés, deux tampons secs, deux récipients de dilution et de chauffe, deux filtres, un préservatif.

Le traitement des personnes dépendantes consiste en leur prise en charge sociale, médicamenteuse et psychologique. Les médicaments de substitution sont à prendre suivant un protocole strict. Leur durée de vie dans l’organisme étant longue, ils ne donnent pas de période de manque lorsque leur prise est régulièrement espacée.



Voir en ligne : Wikipedia.org

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